Sécheresse, filières d’élevage en crise et prédation : un été déjà sombre pour l'agriculture de l'Ain
Crise / Vendredi 3 juillet, les représentants de la FDSEA de l'Ain, des Jeunes Agriculteurs et de la Chambre d'agriculture ont retrouvé le préfet de l’Ain, M. Louis-Xavier Thirode, pour un tour d'horizon des sujets de ce début d’été. Sécheresse précoce, filières porcine et bovine étranglée économiquement, financement de l'élevage bovin en tension, prédation du loup toujours aussi vive : la profession a multiplié les alertes, réclamant des réponses concrètes sur des sujets déjà en alerte de longue date.
Le constat dressé par les responsables professionnels est sans appel. Les moissons ont démarré avec près de trois semaines d'avance, une situation exceptionnelle qui bouscule l'organisation du travail. Après deux campagnes normales, ce coup de chaleur ramène, selon les mots des responsables agricoles, à la dure réalité du changement climatique.Les orges ont souffert de la chaleur de juin, avec des pertes de rendement de 25 à 30 %, et jusqu'à 25 points de plus dans les parcelles les plus fragiles. Les blés affichent de fortes disparités selon les secteurs : à peine 50 quintaux à l'hectare sur les terres séchantes, contre 85 quintaux sur les sols plus profonds. Une logique se dégage : plus une parcelle a produit, plus sa qualité meunière s'est dégradée, faute de concurrence hydrique suffisante entre les pieds pour compenser le manque d'eau.C'est sur le maïs que l'inquiétude est la plus vive. Dans les secteurs non irrigués, les pertes pourraient atteindre 60 à 80 % selon la météo des dix prochains jours, jugés « hyper décisifs ». Au-delà de 32 degrés au moment de la floraison, le pollen perd sa capacité de fécondation, voire est détruit. De nombreuses parcelles ont...
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