Accès au contenu
France - Bercy

La grande distribution fuit ses responsabilités

Égalim / Convoqués le 2 novembre à Bercy pour lancer la préparation des négociations commerciales, les grands distributeurs ont boycotté la réunion. Prétextant les marges des multinationales, les enseignes tentent de s'exonérer de leurs devoirs face à la détresse du monde agricole.

Par Christophe Soulard
La grande distribution fuit ses responsabilités
Les grands distributeurs ont boycotté une réunion à Bercy le 28 octobre, visant à lancer la préparation des négociations commerciales.

Une première réunion devait se tenir le 28 octobre. Elle a été repoussée au 2 novembre. Convoquée sous l'égide des ministres Serge Papin (Commerce) et Annie Genevard (Agriculture), cette rencontre devait poser les bases d'un pacte de responsabilité. Mais la Fédération du commerce et de la distribution (FCD, représentant E. Leclerc, Carrefour ou Intermarché) et Lidl ont choisi la politique de la chaise vide. Pour justifier cette désertion à un mois des négociations annuelles, qui fixent 44 % des ventes en valeur, les grandes surfaces brandissent une étude du cabinet Asterès. Ce rapport met en avant 33 multinationales cotées (Coca-Cola, Nestlé, PepsiCo) affichant 13 % de marge nette entre 2017 et 2025 (contre 3,5 % pour l'agroalimentaire français) et reversant 101 % de leurs bénéfices aux actionnaires. En ciblant ces géants mondiaux, les grandes enseignes cherchent à se défausser et à paraître les plus vertueuses possibles. Se posant en uniques boucliers du pouvoir d'achat face à l'inflation importée, elles mettent en avant la compression de leurs marges nettes (0,9 % en 2022 et 0,6 % en 2023). Mais cette mise en scène vise à masquer le refus de répercuter la réalité des surcoû...

La suite est réservée à nos abonnés.