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FCO SÉROTYPE 4

La France entière passe en zone règlementée

Depuis le 1er janvier, l’ensemble du territoire continental français est passé en zone règlementée pour la FCO-4. Les animaux circulent désormais librement et la vaccination devient volontaire.
La France entière passe en zone règlementée

Un arrêté du 28 décembre du ministère de l'Agriculture et de l'Alimentation paru au journal officiel le 31 décembre étend les zones règlementées pour la FCO sérotype 4 à l'ensemble du territoire continental français, rejoignant ainsi le périmètre déjà en vigueur pour la FCO sérotype 8. Depuis le 1er janvier, date d'entrée en vigueur des nouvelles mesures, les animaux peuvent donc circuler librement et la vaccination BTV4 devient volontaire, comme pour le BTV8.
Une note de la direction générale de l'alimentation (DGAL) précise que « les doses vaccinales achetées par l'État en novembre et décembre, dans un objectif d'éradication, sont mises à disposition des éleveurs gratuitement jusqu'à épuisement du stock. La deuxième injection de primo-vaccination chez les ruminants reste prise en charge par l'Etat dans les départements de la zone de protection, dès lors que la première injection a eu lieu avant le 31 décembre ». Quant à la future répartition des vaccins, en fonction de leur disponibilité, elle « sera établie par la concertation interprofessionnelle. GDS France assurera la coordination, en particulier pour les petits ruminants et pour les animaux destinés aux exports et échanges ».
En ce qui concerne l'export, compte tenu des accords bilatéraux en cours, les échanges d'animaux vers l'Espagne ou l'Italie, qui représentent 80 % des flux exports d'animaux depuis la France, ne sont pas impactés. Des discussions avec les pays tiers, notamment avec l'Algérie, auront lieu tout début janvier pour permettre le maintien des exportations, indique la note de la DGAL.

Une éradication devenue irréaliste

Lors de sa dernière réunion, le 21 décembre, le conseil national d'orientation de la politique sanitaire animale et végétale (CNOPSAV) avait étudié la révision du périmètre de la zone règlementée et de la stratégie sanitaire à appliquer. De nouveaux foyers de FCO sérotype 4 avaient été identifiés en décembre, dans l'Ain, en Haute-Saône et en Saône-et-Loire. Les résultats de plusieurs investigations épidémiologiques ont par ailleurs révélé en fin d'année une évolution rapide du nombre de départements touchés par des cas de FCO. Compte tenu de la circulation du virus déjà constatée dans plusieurs élevages de l'Est de la France et au-delà, l'objectif sanitaire d'éradication devenait, de fait, irréaliste.Les autorités sanitaires ont également retenu l'impact financier important des mesures d'éradication. « Une vaccination obligatoire, pendant 3 ans, serait très onéreuse. En outre, le nombre de doses actuellement disponibles ne permettrait pas d'assurer cette vaccination dans l'ensemble des départements de la zone réglementée avant la reprise d'activité vectorielle au printemps 2018 », a déclaré la DGAL. Sans compter l'impact économique sur les élevages des contraintes imposées pour le mouvement des animaux entre zones.
Cette décision est aussi le résultat d'une coordination sans faille des autorités avec la profession agricole depuis le début de l'épisode viral. Ce fut particulièrement le cas dans l'Ain, où 74 communes avaient été placées en périmètre interdit alors que le reste du département était en zone de protection. « Le syndicalisme agricole majoritaire, le GDS et la chambre d'agriculture de l'Ain ont œuvré main dans la main avec les autorités pendant toute cette période. Plusieurs rencontres ont été organisées avec la direction départementale de protection des populations, auxquelles nous avons été associés, pour défendre à la fois l'intérêt sanitaire des élevages mais également l'impact économique des mesures d'éradication pour nos exploitants et nos opérateurs. Nous avons agi dans l'intérêt général », rappelait le président de la FDSEA, Adrien Bourlez, en début de semaine. Début décembre, la FDSEA avait d'ailleurs porté plainte contre X afin qu'une enquête soit ouverte pour déterminer l'origine de l'infection virale.
La DGAL a également annoncé la tenue de discussions à Bruxelles « pour faire évoluer la règlementation en matière de santé animale, qui pourraient aboutir à dérèglementer la fièvre catarrhale ovine ou tout du moins certains sérotypes du virus ». Si aucun signe clinique n'a été détecté sur des animaux, rappelons que la FCO reste néanmoins pathogène pour les ovins.

Sébastien Duperay