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FCO-4

26 communes en périmètre interdit et une surveillance toujours active

Depuis le 1er décembre, 26 communes de l’Ain sont placées en périmètre interdit (PI) vis-à-vis de la FCO sérotype 4. De nouvelles mesures d’éradication s’imposent aux élevages et opérateurs concernés. La mobilisation de la profession agricole a permis de limiter à
2 km le PI autour du foyer découvert dans l’Ain, à Saint-Martin-du-Fresne.
26 communes en périmètre interdit et une surveillance toujours active

La nouvelle est tombée vendredi dernier (1er décembre, NDLR). Par arrêté préfectoral, 26 communes de l'Ain ont été placées en périmètre interdit (PI) vis-à-vis de la FCO sérotype 4 (liste complète en encadré). Cette mesure fait suite à la découverte de nouveaux foyers à Archamps, dans l'ouest du département de la Haute-Savoie, mais également dans l'Ain, à Saint-Martin-du-Fresne. Dans le premier cas, le préfet du 74 a établi un nouveau PI autour d'Archamps, s'étendant jusque dans le Pays de Gex et incluant ainsi 24 communes de l'Est de l'Ain. Dans le second cas, un PI limité à 2 km a été mis en place autour du foyer de Saint-Martin-du-Fresne, incluant ainsi la commune et sa voisine, Maillat. Une mesure « allégée », s'agissant d'un cas « importé », en lien direct avec le PI de Haute-Savoie, mais aussi grâce à la mobilisation des principaux acteurs de l'élevage, emmenée par le syndicalisme majoritaire.

Réactivité et écoute

Dès le jeudi soir, Adrien Bourlez, Gaëtan Richard et Etienne Fauvet, respectivement présidents de la FDSEA, des Jeunes agriculteurs et du GDS de l'Ain, ont écrit au préfet Arnaud Cochet, pour tenter d'obtenir une application raisonnée des protocoles d'éradication. « Le foirail et les principaux centres d'allotement et d'export sont des outils indispensables pour la commercialisation des animaux des zones de protection et de surveillance », ont-ils fait valoir. Craignant de voir une grande partie du département placé en PI et que le fonctionnement de ces opérateurs en soit directement affecté, ils ont réclamé des solutions, notamment pour la sortie des veaux et pour les broutards destinés à l'export, « afin de protéger l'activité économique des élevages et de préserver le bien-être des animaux ».
Une démarche qui a porté ses fruits, réagissait Adrien Bourlez en début de semaine : « le groupe qui s'est formé autour de la FDSEA, des JA et du GDS, avec la participation des opérateurs de commerce d'animaux, a fait preuve d'une grande réactivité. La direction de la protection des populations (DDPP) a tenu compte de nos arguments pour ramener le PI à 2 km autour du foyer de Saint-Martin-du-Fresnes, au lieu de 20. Je me félicite de la bonne écoute des services de l'État. La pression virale reste présente et la recherche de cas toujours d'actualité, mais je suis ravi que nous ayons pu préserver les intérêts économiques et sanitaires de nos élevages ».

Conséquences pour les élevages 

« La vaccination a le double objectif d'éradiquer le virus et de prévenir sa diffusion, en prévision notamment de la reprise vectorielle au printemps prochain »

Pour les communes du département situées hors PI et toujours en zone de protection (ZP), rien ne change. La vaccination reste obligatoire et conditionnera la sortie de la zone. Peuvent ainsi sortir de la ZP :
• les petits veaux (cabris ou agneaux) sous conditions, entre autres, d'une analyse virologique avant sortie et d'une autre analyse dans l'élevage d'engraissement hors zone ;
• les broutards destinés aux zones réglementées FCO-4 en Italie (et vaccinés contre la FCO-8) ;
• les animaux destinés à l'abattage (transport direct).
Pour les communes aujourd'hui en PI, les ruminants sensibles à la FCO sont interdits de mouvements, sauf à destination de l'abattoir. Ils sont également à dépister vis-à-vis de la FCO sérotype 4 et à vacciner en urgence. Dans le détail :
• foyer de Saint-Martin-du-Fresne (PI de 2 km autour du foyer) : aucune sortie ni entrée d'animaux n'est possible, réalisation d'analyses sur tous les animaux à partir d'un mois, puis vaccination en urgence ;
• foyer d'Archamps (24 communes de l'Ain en PI) : aucune sortie ni entrée d'animaux n'est possible, analyses sur vingt animaux à partir de six mois dans 100 % des élevages de la zone, puis vaccination en urgence. À noter, sur cette zone : les voisins suisses acceptent les animaux pour abattage ; par dérogation, les veaux pourront être engraissés dans des ateliers spécialisés du PI.
Sur chacun des secteurs, les élevages concernés ont été informés par le GDS. « La vaccination a le double objectif d'éradiquer le virus et de prévenir sa diffusion, en prévision notamment de la reprise vectorielle au printemps prochain », rappelait la DDPP dans une communication adressée aux vétérinaires.

Poursuite de la surveillance

Dès que la vaccination aura été intégralement réalisée et « sous réserve que la surveillance ne mette pas en évidence une extension de la maladie, les mouvements d'animaux seront de nouveau autorisés », indiquait vendredi dernier le communiqué de la préfecture de l'Ain. Par ailleurs, après la découverte de ces nouveaux foyers, la révision des ZP et ZS « ne s'impose pas immédiatement compte tenu du zonage initial large », confirmait pour sa part la direction générale de l'alimentation, qui annonçait, également, la mise en fabrication de 1,3 millions de doses de vaccins « afin de pouvoir mettre en place une vaccination obligatoire dans l'ensemble des zones de protection et de surveillance. Ces doses devraient être disponibles sous quinze jours ».
A l'heure où nous bouclons notre édition, quatorze foyers de BTV4 ont été confirmés par le laboratoire national de référence : treize dans le département de la Haute-Savoie et un dans l'Ain, celui de Saint-Martin-du-Fresne. Rendez-vous sur notre site Internet pour suivre en direct l'évolution de la situation.

Sébastien Duperay
Plus d'informations : www.lainagricole.fr, en page d'accueil et en rubrique Technique > Filière animale

A savoir

Liste des communes en PI

Foyer de Saint-Martin-du-Fresne : Saint-Martin-du-Fresne et Maillat.
Foyer d’Archamps (74) : Bellegarde-sur-Valserine, Cessy, Challex, Chevry, Chézery-Forens, Collonges, Confort, Crozet, Échenevex, Farges, Ferney-Voltaire, Lancrans, Léaz, Ornex, Péron, Pougny, Prévessin-Moëns, Saint-Genis-Pouilly, Saint-Jean-de-Gonville, Sauverny, Ségny, Sergy, Thoiry et Versonnex.

Le GDS vous informe 

Le GDS de l’Ain a décidé d’avancer à décembre ses réunions de secteurs. Les éleveurs sont conviés afin de s'informer et de débattre.
La Chapelle-du-Chatelard : jeudi 7 décembre, de 13 h 45 à 16 h, salle polyvalente.
Saint-Jean-de-Gonville : lundi 11 décembre, de 13 h 45 à 16 h, maison communale, 201 rue du bourg.
Hauteville Lompnes : jeudi 14 décembre, de 13 h 45 à 16 h, espace accueil de la salle des fêtes.
Ceyzériat : vendredi 15 décembre, de 13 h 45 à 16 h, salle de réunion des organisations d’élevage.
Jayat : lundi 18 décembre, de 13 h 45 à 16 h, salle polyvalente.

 

 

 

Action

FCO : la FDSEA porte plainte contre X

A la suite du recours juridique engagé par la FDSEA de Haute-Savoie, la FDSEA de l’Ain a elle aussi décidé de porter plainte contre X dans le cadre de la découverte de cas de FCO sérotype 4 dans le département. Cette procédure doit permettre qu’une enquête soit ouverte afin de déterminer l’origine de l’infection virale. « Nous voulons dénoncer les échanges d’animaux entre certains départements français qui passent entre les mailles des filets des protocoles sanitaires. Nous souhaitons également attirer l’attention des services sanitaires sur la gestion des crises et aléas. Si à chaque fois qu’un nouveau sérotype est découvert, et il y en a plus de vingt, des mesures de l’ampleur que nous subissons actuellement s’appliquent, ce n’est moralement et économiquement plus tenable. Avec le changement climatique, de nouvelles maladies vont apparaître dans les élevages. Des PCR négatives sont la meilleure preuve que des animaux sont sains », soutenait en début de semaine, Adrien Bourlez, le président de la FDSEA 01. Pour accompagner la démarche du syndicat agricole majoritaire de l’Ain, la FRSEA Auvergne-Rhône-Alpes a annoncé, de son côté, vouloir se porter partie civile. Affaire à suivre.

S.D.

 

Réactions

Bertrand Bardet, directeur du foirail de la Chambière

Interrogé lundi sur les conséquences des mesures d’interdiction de mouvements d’animaux, le directeur du foirail annonçait attendre seulement 500 animaux sur le marché du lendemain, au lieu des 2 300 habituels. « A court terme, nous devrons faire face à une baisse d’activité d’au moins 70 % », dit-il avec amertume. « C’est très compliqué car avec de telles contraintes le commerce franco-français est quasiment impossible. On ne peut travailler qu’avec l’Espagne et l’Italie. On a l’impression que la France, pour préserver ses intérêts nationaux, a sacrifié cinq départements. On a l’impression d’être les oubliés de la France ! Ils nous ont mis sous cloche. L’administration est en train de nous ostraciser avec des textes qui sortent au compte-goutte ». Sans oublier la charge de travail supplémentaire à laquelle les dix salariés du foirail doivent faire face : « Il faut faire les prises de sang, évacuer les animaux positifs et demander des laissez-passer à l’administration… Avec seulement 30 % de l’activité qui perdure, on travaille deux fois plus. Donc c’est une double peine. Nous sommes très inquiets sur l’avenir de la filière veaux. Que fait-on de tous ces veaux qui restent dans les élevages ? La vaccination est en cours, mais il y en a au moins pour deux mois. Il y a des questions à se poser ! Cela fait un mois que l’on est à cran. On s’attend à une baisse de chiffre d’affaires de 50 à 60 % en moins, avec des charges maîtrisées mais sans plus. L’instabilité sanitaire crée une instabilité économique énorme. Le gros souci est de savoir quelles mesures économiques et sociales on met en place pour accompagner cela ? Car on laisse dans le désarroi des chefs d’entreprises et des salariés ! ». P.F

Yann Le Scouezec, directeur de Bovi-coop

La coopérative Bovi-coop, basée à Meillonnas, est aujourd’hui frappée par une baisse d’activité de 3 à 5 % par semaine. « L’Etat a décidé de mettre une zone de confinement de 2 km autour de Saint-Martin-du-Fresne, donc cela ne change rien, mais dans le périmètre interdit et le pays de Gex les animaux n’ont plus le droit de sortir. Il y a donc quelques communes sur lesquelles nous ne pourrons plus ramasser de veaux. En temps normal à cette époque, on fait entre 800 et 1 000 veaux par semaine », explique Yann Le Scouezec. « L’Etat prend en charge les vaccinations et les prises de sang, ça c’est plutôt positif. Par contre cela entraîne une surcharge considérable de travail pour les opérateurs de Bovi-coop au niveau administratif (NDLR : 33 personnes travaillent sur le site). En plus nous sommes obligés de garder les animaux pendant 24 h. En ce moment on réalise entre 500 et 600 prises de sang par semaine. C’est énorme en temps de travail et charges de personnels et c’est l’affaire de plusieurs mois, si tant est qu’il n’y ait pas de nouveaux rebondissements », ajoute-t-il. Lorsqu’on lui demande dans quel état d’esprit il se trouve, le directeur de Bovi-coop répond : « je suis fataliste ! Car ça ne sert à rien du tout. On est en train de faire des frais dans tous les sens, alors que c’est une maladie qui touche les ovins et les caprins. Il suffisait de vacciner ces deux espèces ! ». P.F.