ÉLEVAGE
Concilier les attentes des éleveurs et de la société

Un rapport du ministère de l’Agriculture préconise d’organiser un débat réunissant toutes les parties prenantes autour de l’élevage pour définir un consensus.

Concilier les attentes des éleveurs et de la société
Le CGAAER recommande l’organisation d’un débat afin de mieux comprendre les contraintes liées à l’élevage et d’intégrer les demandes sociétales. ©F_Joly_Cniel

Dans un rapport rendu public mi-juillet, le CGAAER (ministère de l’Agriculture) recommande l’organisation d’un « débat inclusif » afin d’élaborer « une vision consensuelle à l’horizon 2050 pour l’élevage français » qui constituerait « l’armature des politiques publiques à venir ». « Les aspects économiques, sociaux, environnementaux et climatiques, éthiques, sanitaires devraient être pris en compte, sans oublier la recherche de souveraineté », appuie la mission, qui statue que « l’élevage parfait sur l’ensemble des registres n’existe pas ». L’objectif de ces débats serait donc de « mieux comprendre les contraintes liées à l’élevage et d’intégrer les demandes sociétales pour coconstruire un compromis socialement désirable autour de l’élevage et de sa place dans la société ». Éleveurs, associations de protection des animaux, associations environnementales, citoyens-consommateurs, scientifiques, acteurs de l’aval, pouvoirs publics… Tous les acteurs seraient autour de la table.

Consensus rare dans les instances actuelles

Si la mission recommande de créer un débat rassemblant tous les acteurs, c’est aussi parce qu’elle constate que les lieux de discussion actuels ne sont pas adéquats. Dans les instances de concertation actuelles, « le dialogue aboutit rarement au consensus », pose le CGAAER. D’abord, le CNA (Conseil national de l’alimentation), principal organe de concertation, n’a produit qu’un « faible » nombre de recommandations sur l’élevage. En témoignent les « trois avis dissensuels » émis sur l’étiquetage du bien-être animal. Ensuite, la composition du Conseil national d’orientation de la politique sanitaire animale et végétale (Cnopsav) pose question. « Le Cnopsav joue-t-il son rôle alors que, sur les 16 voix délibératives de sa section Santé et bien-être animal, les professionnels de l’élevage disposent de 15 voix et les associations de protection animale d’une seule ? », s’interroge la mission. Pour appuyer les discussions entre les éleveurs et les autres acteurs, le rapport souligne la nécessité de soutenir la recherche « pour continuer à lever les incertitudes scientifiques sur les sujets qui inquiètent la société et contribuent à l’image négative de l’élevage ». Le CGAEER propose aussi que le ministère pousse les filières animales à adopter des « positions communes » pour se préparer au débat. En outre, il recommande de créer, au sein du CNA, « un groupe de veille et de suivi de l’élevage durable ». Ce dernier aurait la charge de conseiller le ministère et de suivre l’évolution des attentes de la société. Il préconise enfin de renforcer l’information du public sur la « réalité » de l’élevage, notamment les scolaires.

J.G