Une bien meilleure récolte qu'en 2016
Quel est le premier bilan des récoltes cette année ?
« La récolte d’été est bien meilleure qu’en 2016, avec des rendements relativement élevés. En moyenne nous sommes à 78 quintaux sur du blé, contre 55 l’an passé. Sur le val-de-saône les rendements sont très élevés, frôlant 95 quintaux (50 l’an passé). La qualité est très bonne, tant au niveau des poids spécifique que des teneurs en protéines. Le temps de chute de Hagberg est également élevé, permettant de garantir un débouché meunier sur 100 % de la collecte et ce malgré les pluies de fin de récolte. Certains secteurs de Saône-et-Loire ont été plus pénalisés. Orges et triticales présentent également de bons rendements : 70 quintaux de moyenne pour les premiers et 60 quintaux pour le triticale. La culture qui a su tirer son épingle du jeu est à nouveau le colza, dont les rendements dépassent les 40 quintaux/ha permettant d’obtenir des marges brutes satisfaisantes (depuis deux ou trois ans les rendements sont bons, avec des prix stables). En maïs, de bonnes récoltes étaient attendues mais la sécheresse de cet été et la grêle sur certains secteurs de Bresse notamment, ont abimé les cultures et favorisé le développement de la fusariose. Au niveau de la coopérative, deux à trois mille hectares sont pénalisés, plus ou moins fortement. La perte a été estimée à 20 000 t. Les premières analyses réalisées confirment la présence de fusariose sans toutefois dépasser pour le moment les teneurs réglementaires. Nous conseillons donc aux adhérents impactés de récolter rapidement ces maïs afin de pouvoir les valoriser pleinement. »

Les volumes collectés et le marché des céréales permettent-ils de rester optimiste ?
« Les tonnages collectés sont largement supérieurs à l’an passé, au-dessus de 255 000 t sur la récolte d’été (contre un peu plus de 200 000 t en 2016). La récolte d’automne s’annonce également meilleure malgré des rendements un peu décevants en maïs. Les surfaces de soja sont en forte augmentation, avec comme débouchés soit la trituration par notre filière Extrusel (permettant de mettre à disposition de nos adhérents des tourteaux non OGM tracés), soit l’extrusion sur notre site de Saint-Jean-sur-Veyle. Les premiers échos de rendements semblent assez décevants, de l’ordre de 20 à 22 quintaux (contre 30 à 35 quintaux espérés) et entre 10 et 22 quintaux pour le tournesol alors qu’un bon rendement devrait dépasser les
25 quintaux. Globalement le marché a baissé. On a perdu 30 €. Mi-juillet on était à 180 € (prix maximum) pour du blé livré en station de collecte et aujourd’hui à 150 €. Après des craintes début juillet quant au développement des cultures aux Etats-Unis, le marché est contrebalancé par la très bonne récolte russe qui a fait + 10 % de production. En maïs, la situation est un peu différente. Nos principaux concurrents sont la Hongrie et la Slovénie qui ont aussi beaucoup souffert du sec, nous laissant espérer retrouver des opportunités sur le marché italien à partir de la fin de l’année. Notre groupe Atouts Jeunes se déplace en Hongrie cette semaine en voyage d’étude ; nous aurons donc un retour concret de la situation dans les prochains jours. »
Quels leviers de sécurisation la coopérative propose-t-elle à ses adhérents ?
« Différentes mesures d’accompagnement ont été mises en place, dont l’assurance premium semis qui garantit un chiffre d’affaires à l’hectare et cela sans franchise. Le contrat Performance Engagement Précoce apporte plus de lisibilité avec un prix minimum connu bien avant la récolte et un prix final piloté par la coopérative en fonction de l’évolution du marché. Pour 2018 nous garantissons 150 € minimum en livraison à la récolte. C’est le rôle de la coopérative aujourd’hui de sécuriser au maximum les agriculteurs dans leur commercialisation. »
Des projets en cours pour créer de la valeur ajoutée au service de vos adhérents ?
« Nous développons des démarches de filières, comme « l’api colza » dans l’objectif de mettre en relation apiculteurs et céréaliers, avec un prix garanti sur la graine de colza. Nous travaillons aussi sur des variétés plus anciennes de blé. Enfin, nous travaillons dans le cadre d’Oxyane (union avec la coopérative Dauphinoise) avec les meuniers locaux afin de créer une filière régionale de panification pour des clients régionaux (500 t) tout en sécurisant le débouché et le marché pour l’agriculteur avec des prix rémunérateurs. Les exemples sont nombreux : blé de force, sarrasin (objectif : 600 ha), blé dur… Globalement nous avons à cœur de proposer des filières durables, donc rémunératrices. »