Accès au contenu
PLANTE INVASIVE

Un chantier d'éradication du myriophylle à Viriat

Dans le cadre d'un chantier d'éradication du myriophylle du Brésil repéré sur un plan d'eau à Viriat, le syndicat du bassin versant de la Reyssouze organise le 16 août à 14 h une action de sensibilisation pour le grand public.
 Un chantier d'éradication du myriophylle à Viriat

Apparu il y a à peine deux ans sur le plan d'eau appartenant au comité d'établissement (CE) du centre psychothérapique de l'Ain (CPA) et situé à Viriat, le myriophylle du Brésil couvre aujourd'hui plus de la moitié de sa surface. « L'année dernière, il recouvrait la totalité du plan d'eau. L'hiver plus froid que nous avons eu cette année et les chaleurs précoces ont ralenti son développement », indique Emmanuel Guichon, secrétaire du CE. Implanté au milieu des années 70 sur une ancienne gravière, le plan d'eau privé de 7000 m2 est mis à disposition des salariés du CPA pour des activités de loisirs et de pêche. L'aval de l'étang verse dans le bief du navon, qui se jette ensuite dans la Reyssouze. « Des contaminations ont été repérées dans le fossé de décharge et la fédération de pêche en a récolté dans le bief », explique Dimitri Mercier, du syndicat du bassin versant de la Reyssouze (SBVR).
Début juillet, un arrêté préfectoral a classé la lutte contre le myriophylle du Brésil d'intérêt général. L'objectif étant d'intervenir au plus vite sur le plan d'eau du CPA pour éviter une dissémination, le SBVR organise mi-août une opération d'extraction mécanique du myriophylle. Le chantier, piloté par le SBVR et financé par le CPA, l'agence de l'eau et le Département, en partenariat avec la FDGDon, devrait se dérouler sur cinq jours, plus trois journées minimum de séchage avant l'évacuation et l'enfouissement des déchets.

Action de sensibilisation

Mercredi 16 août à 14 h, pendant les travaux d'extraction, une action de sensibilisation en direction du grand public sera organisée afin de présenter l'espèce et de s'appuyer sur les citoyens pour créer un réseau de surveillance et d'alerte sur le bassin de la Reyssouze.
Depuis 2014, le myriophylle du Brésil est reconnu par la règlementation européenne comme une espèce exotique envahissante . S'appuyant sur un système de reproduction végétative, il prolifère par simple dépôt de parties de plantes. « Le risque pour l'agriculture est que le myriophylle vienne freiner l'écoulement des cours d'eau et créer des rehausses de niveaux sur les zones amont. Les débordements pourraient être accentués et affecter directement les parcelles agricoles connexes », explique Dimitri Mercier.
Des grillages en maille fine ont été installés sur les grilles des vannes de déversement dans le fossé de décharge afin de contenir l'espèce sur le milieu où elle a été repérée. Le CE du CPA a également placé des bottes de paille dans le fossé de décharge pour filtrer l'eau et freiner la prolifération. L'opération d'arrachage mécanique du SBVR doit permettre d'enlever près de 95 % du système racinaire du plan d'eau. Elle devra être complétée par des arrachages manuels.

Sébastien Duperay