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PRODUCTION AGRICOLE

Revalorisation de la grille des salaires conventionnels

Revalorisation de la grille des salaires conventionnels

 

Les partenaires sociaux de la production agricole se sont réunis le 27 septembre dernier et ont abouti à la signature d'un accord salarial, applicable à compter du 1er janvier 2018. Cet accord prévoit une revalorisation de 0,09 € des échelons du niveau 1 au niveau 4 de la grille des salaires conventionnels, de 0,11 € pour les TAM niveau 1 et 0,12 € pour les TAM niveau 2.
Dans un contexte économique difficile pour de nombreuses filières de la production agricole, et face à l'absence de visibilité sur certains dossiers (réforme du code du travail, pénibilité, aides à l'emploi ...), la hausse des salaires conventionnels reste limitée. La grille des salaires est négociée entre les représentants des employeurs de la production agricole et ceux des organisations syndicales de salariés. Elle constitue le minimum légal applicable en fonction de la qualification des salariés. Ce minimum s'impose donc à toutes les entreprises agricoles, quelles que soient leurs productions. Les plus fragiles ne doivent donc pas être mises en péril par une hausse trop importante de leur masse salariale. Libre ensuite aux entrepreneurs de définir la politique de rémunération de leurs salariés et d'aller au-delà de ce minimum.
« Notre rôle est de défendre les responsables de Cuma de l'Ain. Nous veillons ensuite à ce que les grilles soient respectées, ce qui est largement le cas dans notre réseau. Nous avons tenté de limiter les hausses de salaires eu égard à la conjoncture agricole, mais sans refuser en bloc les arguments des salariés. Chaque employeur est libre ensuite d'appliquer ce qu'il veut en termes de rémunérations », explique Didier Perdrix, président de la FDCuma de l'Ain, qui a participé aux discussions côté employeurs.
Même son de cloche du côté des horticulteurs et pépiniéristes : « nous avons négocié avec des représentants locaux des organisations syndicales de salariés, qui connaissent très bien la situation agricole, que ce soit en production ou en transformation. [...] La grille des salaires conventionnels est une ligne de conduite. Les métiers agricoles et para-agricoles sont à faible valeur ajoutée : c'est donc par leur temps de travail et en faisant des heures supplémentaires que les salariés peuvent augmenter leurs rémunérations. C'est une réalité en agriculture », défend quant à lui Loïc Galland, représentant la fédération nationale des horticulteurs et pépiniéristes.

P. Niclausse / S.D.

 

ZOOM SUR...
Marc Pariot, président de la commission employeurs de la FDSEA

« Je crois beaucoup dans le développement de l’emploi partagé »

Les partenaires sociaux de la production agricole ont signé le 27 septembre dernier un accord sur une revalorisation de la grille des salaires conventionnels, applicable au 1er janvier. A quels résultats la négociation a-t-elle abouti ?
« Le dossier était porté par la FDSEA, à laquelle étaient associés les représentants des Cuma, des horticulteurs-pépiniéristes et des entrepreneurs des territoires. Il y avait unanimité côté employeurs pour modérer le plus possible cette grille, sachant que les représentants des salariés allaient demander des augmentations substantielles. Les négociations se sont bien passées avec les collèges salariés. Au final, une revalorisation a été appliquée mais de manière modérée. »

Quelles sont les positions défendues par les représentants des employeurs en matière de salaires ?
« Tout le monde était d’accord sur le fait que la faible rentabilité de nos activités ne permettait pas une augmentation substantielle de la rémunération de nos salariés. Ce qui est malheureux, car je fais partie de ceux qui sont persuadés que l’agriculture devrait être un réservoir considérable d’emplois. Si on se réfère au temps de travail en agriculture, on pourrait le partager davantage. Je pense également que le mérite devrait être reconnu pour nos salariés qui s’investissent le mieux sur nos exploitations. »

L’emploi salarié se développe en agriculture : quels en sont les principaux enjeux ?
« L’emploi salarié en agriculture est freiné principalement par les contraintes imposées par le Code du Travail, qui autorise difficilement ou avec beaucoup d’organisation le recours à de la main-œuvre. Notre problématique majeure est la saisonnalité de nos activités : nous sommes confrontés aux aléas du monde du vivant, ce qui est peu compatible avec une contractualisation comme le prévoit la législation du travail. Même pour l’alternance, c’est parfois compliqué. Pour autant, nous avons inventé une solution d’avenir qui pourrait être l’emploi partagé. Je suis persuadé que nous avons des jeunes qui sont prêts à s’investir en emploi partagé, qui peut par ailleurs leur apporter une formation riche pour leur avenir. Même si la gestion de l’emploi partagé reste très compliquée, nous parvenons à avancer sur cette opportunité. Je crois en tout cas beaucoup dans son développement. Nous l’avons fait pour le matériel, pour le foncier et pour les animaux, maintenant nous allons apprendre à le faire avec la main-d’œuvre salariée. »

Propos recueillis par Sébastien Duperay