Les niveaux des étangs baissent encore
Depuis plusieurs mois déjà, les étangs piscicoles de la Dombes souffrent du manque d'eau (lire notre édition du 13 juillet). Et la situation ne fait que s'aggraver au fil des semaines. « Entre le 10 et le 25 juillet, les étangs ont baissé de 8 cm en moyenne et ce malgré les pluies et le recul des températures (sur la seconde moitié de juillet, NDLR) », indiquait le 26 juillet Sylvain Bernard, conseiller piscicole à la chambre d'agriculture.
Dix pour cent des étangs ont été contraints à des pêches de sauvetage, au cours desquelles de lourdes pertes ont été constatées. « Les poissons blancs et les carnassiers n'ont pas été retrouvés. Soit ils sont morts, soit ils ont été mangés par des oiseaux piscivores. Toutes les têtes de carpes n'ont pas non plus été repêchées et les poids enregistrés ne sont pas très élevés ». Dix autres pour cent des étangs pourraient être repêchés, mais ne le sont pas car « nous ne savons pas quoi faire des poissons », explique le conseiller.
Sur les 40 étangs suivis par Sylvain Bernard, cinq seulement présentent des niveaux d'eau corrects, tous les autres ont des niveaux bas et continuent de baisser. Et, d'après lui, le plus compliqué est à venir, car s'il ne pleut pas entre mi-août et mi-septembre, les niveaux d'eau vont poursuivre leur baisse et les nuits qui s'allongent vont impacter la photosynthèse et la production d'oxygène dans les étangs. Les poissons, dont la biomasse est normalement en pleine croissance, vont souffrir davantage. Et les pêches risquent d'être encore moins fructueuses pour les exploitants et les collecteurs.
50 % de perte de production
Le négoce est bien évidemment directement impacté par la situation. Le président de la coopérative agricole des producteurs de poissons d'étangs de Dombes (Coopépoisson) estime à 50 % le niveau de perte de production pour cette année. « C'est une catastrophe ! Le mal est déjà fait, le plus gros de la perte est là », déplore Julien Cartier-Millon. Le phénomène de baisse des masses d'eau, accentué par les fortes chaleurs ont eu un impact direct sur la nourriture et l'oxygène disponibles pour permettre aux poissons de vivre et de se développer, explique-t-il lui aussi.
« Les oiseaux piscivores ont attrapé tous les poissons blancs. Il ne reste dans les pêches de sauvetage que les têtes de carpes qui n'ont pas grossi. [...] Les étangs remplis et qui ont une biomasse importante vont faire une bonne pêche mais pour la majorité, ce ne sera pas bon. On va être à la moitié du chiffre de 2016 ! », complète le professionnel, dont la coopérative située à Montluel emploie douze salariés, dont trois saisonniers, et prélève entre 500 et 600 t de poissons par an.
La moitié de la production de Coopépoisson est destinée à la transformation, l'autre moitié au marché du loisir et au repeuplement. Une étude lancée auprès des exploitants doit permettre de recenser les situations individuelles et de dresser un état plus précis de la situation de la filière en Dombes.