Le syndicat jeune choisit une présidence tournante
Lors de leur dernier conseil d'administration, mardi 6 mars, les Jeunes agriculteurs de l'Ain ont reconduit Gaëtan Richard à la présidence du syndicat. Jean Christophe Paquelet conserve son poste de secrétaire général. Tous deux ont recueilli l'unanimité des suffrages. Un nouveau bureau a été composé pour une durée de deux ans. Le président a tenu à rappeler l'importance pour le syndicat jeune de représenter en son sein l'ensemble des territoires et des productions du département. Il est également primordial, selon lui, que soient considérés les salariés agricoles, qui composent aujourd'hui le visage du syndicat JA. C'est par cette diversité et cette représentativité que pourra être relevé le défi du renouvellement des agriculteurs dans l'Ain, insiste-t-il.
De nombreux jeunes ont rejoint le nouveau bureau, l'objectif étant d'assurer le partage des tâches et de permettre l'investissement de chacun pour une meilleure représentativité du syndicat JA au sein des organisations agricoles et para-agricoles du département. Gaëtan Richard souhaite s'appuyer sur ses vice-présidents dans l'exercice de ses responsabilités. Le président entend également, avec le soutien de sa nouvelle équipe, pouvoir transmettre les rênes en cours de mandat.
L'année s'annonce chargée pour la représentation syndicale JA. Cet été, l'Ain accueillera la finale régionale de labours, lors de l'événement des Ain'dombes'tables. Les Jeunes agriculteurs devront également préparer les prochaines échéances électorales à la chambre d'agriculture, prévues début 2019. La communication, sujet central de leur dernière assemblée générale, sera également au cœur de toutes les préoccupations et actions du syndicat jeune.
S.D.
Ils ont dit
L’assemblée générale des Jeunes agriculteurs de l’Ain, vendredi 23 février, a été l’occasion pour les responsables de cantons et territoires d’exprimer leurs préoccupations.
Haut-Bugey : « Ne déformons pas l’ICHN ! »
Guillaume Cognat est d’abord intervenu sur l’indemnité compensatoire de handicap naturel, en rappelant notamment ses origines : « voilà une aide qui a du sens, ne la déformons pas en un pseudo soutien à l’élevage qui n’arrivera d’ailleurs jamais à compenser des carences de filières. […] Alors à l’heure où l’on entend parler d’agrandissement de zones, d’ICHN végétale, ne diluons pas cette aide qui a fait ses preuves en l’éloignant de ses objectifs initiaux : maintenir des agriculteurs là où la nature, le sol et surtout l’hiver nous mettent un boulet aux pieds ». Autre sujet de préoccupation du territoire haut-bugiste : la communication, thème d’ailleurs de l’assemblée générale des JA de l’Ain cette année : « je vous donne rendez-vous le 2 septembre sur l’esplanade du lac de Nantua pour la 4e édition de la Ferme du Haut Bugey, avec notamment le concours départemental charolais, son marché fermier et bien sûr le traditionnel McMarcel : pas gras, pas calorique et pas vegan ». Un hommage a également été rendu à « l’engagement de Fabrice Bertrand, plus connu sous le nom de « Naoum » depuis la finale départementale de labour de 2007. […] Toujours disponible et volontaire, il a su se montrer exemplaire, et cela n’est pas évident quand il faut gérer des jeunes sur six anciens cantons administratifs ».
Bourg : crise agricole et dégâts de nuisibles
Julie Chalon, la nouvelle présidente du canton de Bourg s’est inquiétée
« qu’il n’y ait pas de lumière dans cette crise agricole ». Face à cette situation, la jeune agricultrice a rapporté les déboires de ses collègues et « la difficulté pour les JA à joindre les organismes pour tous types de problèmes », citant notamment les services de la MSA. Autre problème recensé, celui des dégâts de nuisibles, sangliers, renards ou encore les cormorans. « Tous ces dégâts dégradent nos productions qu’elles soient animales ou végétales. » Ces attaques affectent directement les revenus des exploitants « car bien-sûr c’est à nous de mettre en place des moyens pour éviter ces dégâts ».
Lhuis : « il faut retrouver de la rentabilité »
Guillaume Joux, au nom du canton de Lhuis, a recensé les nombreuses préoccupations de ses adhérents. Au lendemain d’une rencontre à l’Elysée organisée à la demande d’Emmanuel Macron, qui souhaitait accueillir 1000 jeunes agriculteurs installés en 2016 et 2017, l’exploitant s’est d’abord plaint des chiffres annoncés par les services de l’État : « nous étions plus proches des 600-700 et la moitié d’entre nous étaient en fait des étudiants ». Satisfait malgré tout du discours du président de la République, « il faut passer aux actes », a demandé Guillaume Joux. Sur la question des prix, et faisant référence aux États généraux de l’alimentation, « il faut retrouver de la rentabilité ». Quelques jours auparavant, deux visites d’exploitations avaient été organisées sur le canton, l’objectif étant de « montrer l’agriculture sur notre territoire » et de rester mobilisé pour le développement de l’agriculture et de l’installation.