« Le mouton a connu des heures plus sombres »
Les adhérents du syndicat se retrouveront ce week-end, à Villereversure, lors d'une journée festive. L'occasion de rencontrer son président.
Parlez-nous de cette fête...
C'est une journée à destination des adhérents. Cela fait longtemps que l'on n'organisait plus rien. La fête des éleveurs de moutons, qui existait avant, était trop lourde à organiser. Mais on avait envie de pouvoir se retrouver au moins une fois par an, entre collègues. On n'a finalement pas tant d'occasions d'échanger et de se fédérer.
Combien le département compte-t-il d'éleveurs ?
Environ 500 si on compte tout le monde et 25 à 30 pros spécialisés.
Comment se porte la filière dans l'Ain ?
On va dire que le mouton a connu des heures plus sombres. Après plusieurs années difficiles, pendant lesquelles on a vu les effectifs baisser, on a retrouvé de la stabilité. Il y a plus de demandes à l'installation. On constate aussi un développement de la filière laitière, de la vente directe et de troupes qui viennent en complément sur les exploitations.
Quels sont les grands sujets syndicaux ?
L'installation et le renouvellement des générations restent prioritaires. On essaye de faire connaître notre métier et la filière. La question du revenu aussi et bien sûr, les prédateurs dans les secteurs concernés.
Pas encore de loup dans l'Ain, mais le lynx... Où en sont les attaques ?
Cela s'est un peu calmé cette année. On devrait retomber à 40 à 50 brebis reconnues tuées par le lynx. Ces deux dernières années, on était plutôt autour de 150, avec une concentration des attaques sur deux élevages, qui ont déploré des pertes importantes.
Les éleveurs ont vendu moins de moutons, lors de l'Aïd (1), en raison de la date estivale qui explique que beaucoup de musulmans ont célébré leur fête rituelle dans leurs pays d'origine. Est-ce que cela a eu un impact sur les producteurs du département ?
La fête s'est bien passée, dans le respect de la réglementation, avec la mise en place d'abattoirs provisoires et des échanges avec les pouvoirs publics pour que tout soit fait dans le respect des règles sanitaires et le respect des animaux. Mais c'est vrai que les volumes ont été bien plus faibles. Résultats : beaucoup d'agneaux se retrouvent sur le marché, ce qui fait baisser les cours.
Etienne Grosjean
1 : L'Aïd el-Kebir, fête religieuse qui prévoit le sacrifice d'un mouton.