Lait : des jeunes qui croient en l'avenir
Ils ont tous deux 26 ans. Ils se sont rencontrés lors de leurs études, en BTS ACSE, en Haute-Savoie, leur département d'origine. David vient de Mieussy, petit village situé dans la vallée du Giffre et Elisa de la Chapelle-Rambaud, commune située non loin de la Roche-sur-Foron. Ils avaient à cœur de produire en zone AOC. Elisa, lors de sa formation (certificat de transformation fromagère en apprentissage) avait déjà travaillé dans une ferme qui transformait le lait en AOP reblochon, tomme et raclette, où elle restera cinq ans en tant que salariée. David quant à lui, après une année d'essai au sein du Gaec familial, se décidera finalement lui aussi à être salarié avant de s'installer : dans un premier temps d'un service de remplacement, avant d'être embauché pendant deux ans dans une ferme laitière.
Désireux de s'installer en couple, ils se retrouvent confrontés à quelques écueils pour trouver une ferme en Haute-Savoie. « Dans ce département, on trouve surtout des demandes d'associés au sein de Gaec déjà existants. Nous tenions vraiment à travailler uniquement tous les deux. Nous avons trouvé par l'intermédiaire du répertoire départ installation de l'Ain », explique David. La première ferme visitée (en octobre 2015) sera la bonne. « Nous avons tout de suite été séduits par le lieu, mais aussi le troupeau avec un bon potentiel génétique et le bâtiment d'exploitation fonctionnel avec logettes caillebotis », souligne le couple.
Un lait très bien valorisé
Leur exploitation s'étend sur une SAU de 103 ha, dont 6 ha de cultures (triticale), 12 ha de prairies temporaires et le reste en prairies permanentes. Le lait produit par le troupeau de 45 montbéliardes est livré à la fromagerie coopérative de la Combe du Val, à Saint-Martin-du-Fresnes, qui produit Comté, Morbier, Bleu de Gex, Abondance, tomme... Une production rentable puisque le lait leur est payé 520 € / 1000 l. Très bien intégrés dès le départ au sein du village de Chevillard, le couple apprécie également les rapports tissés avec les exploitants du secteur (la commune compte trois exploitations, dont deux fermes laitières) ainsi que les membres du conseil d'administration de la coopérative dont fait partie David.
Des investissements prévus
Leurs vaches sont nourries au foin et regain en hiver (l'exploitation dispose d'un séchoir en vrac), et pâturent tout l'été (pâturages tournants). En juin dernier, le couple a rénové la salle de traite, optant pour le décrochage automatique, avec la création de deux postes supplémentaires (auparavant 2x5). L'an prochain, ils prévoient d'investir dans la mise aux normes pour la gestion des effluents, avec création d'une fosse pour la récupération des eaux blanches. David Chavanne entend bien également participer aux concours avec ses meilleures vaches.
Une installation bienvenue pour la coopérative de la Combe du Val, dont le président Henri Monnet se félicite : « nous avons actuellement dix-sept exploitations, pour 5,6 Ml transformés. On se réjouit de la venue de ces deux jeunes, qui permet de maintenir les volumes. Nous avons une coopérative dynamique car la moyenne d'âge des producteurs est relativement jeune. Beaucoup ont moins de 40 ans. C'est une bonne structure qui a de l'avenir au niveau des volumes de production ».