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ACTION

La démarche « Éleveur & Engagé » ou la rémunération au juste prix

« Cœur de gamme » se dote d’une nouvelle signature : « Éleveur & Engagé ». Vendredi 22 septembre, les responsables régionaux de la FNB, FNSEA et JA sont venus présenter la démarche aux consommateurs, dans une enseigne de la grande distribution lyonnaise.
La démarche « Éleveur & Engagé » ou la rémunération au juste prix

Des éleveurs de la région, venus pour certains de l'Allier et du Puy-de-Dôme, ont fait le déplacement jusqu'au Carrefour Ecully à proximité de Lyon pour présenter aux clients de cet hypermarché la démarche « Éleveur & Engagé », une nouvelle signature pour dynamiser la stratégie « Cœur de Gamme » lancée par la FNB en juin 2016. Le regard perplexe, un couple de retraités s'approche du stand dressé pour l'occasion où quelques morceaux de bœufs saignants sont prêts à être dégustés. « C'est très bon », lâche Alain interpellé par le kakémono devant lui. « Savez-vous pourquoi nous vous faisons déguster cette viande, Monsieur ? » l'interroge Laurent Courtois, coprésident de la section bovine de la FDSEA du Rhône. « Pas vraiment », lui répond-il. « En achetant cette viande, vous participez à la juste rémunération des éleveurs. »

Un gain de 400 eurospar bête

La juste rémunération des éleveurs équivaut à 4,40 euros minimum le kilo de carcasse vendu, soit entre 60 centimes et 1 euro de plus par rapport à la moyenne des prix du circuit traditionnel, soit un gain d'environ 400 euros par bête. « Les enseignes qui souhaitent vendre notre viande sous cette signature sont obligées de se baser à minima sur nos coûts de production », explique Christophe Jardoux, vice-président de la fédération de l'Allier. Le groupe de producteurs par lequel il passe pour vendre ses bêtes commercialise toutes les semaines entre 50 et 60 bêtes valorisées par la démarche « Éleveur & Engagé ». Une démarche encadrée par la Charte des bonnes pratiques d'élevage rééditée pour la dernière fois en 2012. Celle-ci garantit un cahier des charges de qualité aux consommateurs. « Il faut que les vaches vendues aient moins de dix ans, qu'elles soient élevées en pâture en dehors des trois mois de finition et que le temps de maturation de la viande en frigo soit de minimum 10 jours après l'abattage », précise-t-il. Un modèle d'élevage responsable où la prise d'antibiotique et les soins apportés aux bêtes sont également encadrés par cette charte rassemblant aujourd'hui 110 000 éleveurs de bovins en France.

Prix : le juge de paix

Les professionnels de la région s'étaient déjà mobilisés en juillet 2015, à l'extérieur de ce magasin de 15 000 mètres carrés pour manifester « contre les politiques d'achat de la grande distribution ». « Depuis cet évènement, nous nous sommes rapprochés localement. Nous ne sommes pas dans une démarche de rupture mais d'écoute réciproque », indique Patrick Klebe, le directeur de Carrefour Ecully. Ce dialogue a permis aux éleveurs de mieux connaître le concept « Filière viande Qualité Carrefour » qui vante des méthodes respectueuses de l'environnement, un prix juste et un partenariat de longue durée avec les agriculteurs. « Aujourd'hui, notre démarche rentre parfaitement dans les critères imposés par ce mouvement », ajoute la direction. « Cœur de Gamme » et « Éleveur & Engagé » ne font désormais plus qu'un.
« À partir du moment où nous rentrons dans nos frais et qu'un rapport de confiance est instauré avec l'enseigne, on ne cherche pas à connaître les marges de la grande distribution », souligne David Chaize, éleveur bovin charolais dans le Puy-de-Dôme. « Nous avons tout intérêt à ce qu'elles ne soient pas excessives », reprend Christophe Jardoux. Celles-ci détermineront le prix final destiné aux consommateurs. « Quand le budget alimentaire est serré, c'est encore lui le juge de paix, malgré tout ! ».

Alison Pelotier