ENSEIGNEMENT
Gilles Brenon : « Je veux redorer le blason de l’exploitation des Sardières »

Margaux Legras-Maillet
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Fin avril, Gilles Brenon a été élu nouveau président du lycée agricole des Sardières de Bourg-en-Bresse. Il succède à Françoise Damians, qui a cédé sa place avant la fin de son mandat après avoir cessé son activité d’exploitante agricole. 

Gilles Brenon : « Je veux redorer le blason de l’exploitation des Sardières »
Gilles Brenon, nouveau président du lycée des Sardières. Photo/MLM

Avant d’être président, vous avez été membre du conseil d’administration pendant des années, en tant que membre élu à la Chambre d’agriculture. Quel état des lieux dressez-vous du lycée agricole des Sardières ? 
Gilles Brenon : « Je suis sorti du lycée des Sardières il y a quarante ans en juin 1984, avec un brevet de technicien agricole et une option conduite d’exploitation agricole. Je suis un pur produit des Sardières. Depuis, il y a eu une grande évolution et le lycée s’est adapté aux obligations du marché et aux besoins des autres lycées de Bourg-en-Bresse. Comme nous avons une seconde générale, nous avons souvent été les héritiers d’élèves qui n’avaient pas de place ailleurs. Nous acceptions aussi des élèves qui n’étaient pas forcément en adéquation avec le système scolaire, à partir de la quatrième. Le lycée est aussi situé au bout de la ville et en bout de ligne de bus. »
 
Quelle(s) évolution(s) souhaiteriez-vous impulser en tant que président ? 
G. B. : « L’idée, c’est de remettre un vrai fonctionnement et que l’on forme de nouveau des jeunes qui aiment aller au travail. Je reçois énormément de stagiaires sur mon exploitation et le constat que je fais, c’est qu’on donne un diplôme à des jeunes mais qu’on ne les prépare pas à l’après, c’est-à-dire à la gestion d’une exploitation, à la prise de décision, au fait de travailler avec une banque, une coopérative, une Cuma ou une compagnie d’assurance. Il y a de grosses lacunes à ce sujet. »
 
Sera-t-il question de grandes réformes ? 
G. B. : « Je ne suis pas dans l’opposition avec ce qui a été fait avant mais dans la construction. Il n’est pas question de tout effacer mais de reprendre pôle par pôle. Je veux aussi redorer le blason de l’exploitation des Sardières. À l’époque où j’étais étudiant, la ferme des Sardières était une ferme pilote qui faisait beaucoup d’essais. Aujourd’hui on fait de la Volaille de Bresse, on fait du taurillon, etc., mais on a du mal à équilibrer nos comptes. Je veux aussi protéger l’exploitation qui se fait grignoter par l’urbanisation. Nous avons peut-être une opportunité de reprendre du terrain pas très loin de l’exploitation pour qu’elle devienne autonome. Si l’on ne produit pas assez, alors on n’achète plus non plus et donc on produit moins. On le voit, les résultats d’exploitation 2022 ont été tronqués par le prix du lait. Depuis quelques années, j’alerte sur les problèmes de trésorerie et de fonds de roulement, et mieux vaut renouveler l’équipement avec des investissements bien positionnés et des amortissements, mais on a trop traîné les pieds. Nous rencontrons les mêmes problématiques qu’il y a plusieurs années : nous avons toujours une perte de pression sur nos canalisations qui sont encrassées car au bout de la ville ; de chaudière aussi … Je veux prendre ces sujets à bras le corps. Certains choses dépendent de la compétence de la Région mais nous travaillerons ensemble. Je suis élu à la Chambre d’agriculture et je veux aussi remettre plus de lien entre les deux structures. »