Publié le 02/08/2020 à 05:00 / Yolande CARRON

FERMES FLEURIES /

SAINT-ANDRE-LE-BOUCHOUX

La boutique de vente directe avec ses potées de fleurs.

Benoît Verzier et Patrick Triboulet de l'Earl des Pampilles à Saint-André-le-Bouchoux vous accueillent dans un univers fleuri. «Nous sommes avant tout des exploitants agricoles qui pratiquent la vente directe et qui fleurissent leur ferme. Les Pampilles ce n'est pas un jardin botanique » précise Benoît en montrant les géraniums accrochés sur les bâtiments de la chèvrerie de l'Earl des Pampilles à Saint-André-le-Bouchoux
Cette ferme a remporté le premier prix départemental des fermes fleuries. Benoît Verzier et Patrick Triboulet se sont installés en 1989, la ferme appartenait aux grands-parents de Benoît. Ils possèdent 700 chèvres et font de la transformation fromagère ainsi que de la vente directe. « Lorsque nous avons commencé nous étions des pionniers 30 ans en arrière, maintenant beaucoup d'agriculteurs en font ». Les différentes races de chèvres sont élevées en plein air. Des deux traites journalières 1200 litres de lait sont récoltés et servent à fabriquer 2000 fromages frais par jour moulés à la louche. La réputation de leurs fromages n'est plus à faire ils sont connus dans tout le département.

 

Patrick et Benoît dessous le Tétrapanax un arbre exotique qui sert à la fabrication du papier de riz. Ils l’avaient acheté petit plançon il est devenu géant de quoi en être fiers !Dans l’ancienne grange, ils ont aménagé un coin douillet où il fait bon s’asseoir le temps d’une collation entouré d’objets anciens d’art populaire.

Les fleurs : une passion

L'exploitation est réputée pour ses fromages mais aussi pour sa luxuriante végétation. Il y a abondance de massifs fleuris, des associations de fleurs d'aussi bon goût que les fromages et particulièrement bien entretenus.
« Pourtant nous n'enlevons jamais les fleurs fanées ». Grâce à un apport d'engrais riche en potasse, elles se confondent dans la masse. « Les fleurs sont une passion il ne faut pas que cela devienne une contrainte. L'arrosage est automatique à 90% » confie Benoît. Chaque année au printemps ce sont pas moins de 2500 boutures que les propriétaires repiquent avec l'aide de leur équipe, 6 salariés « on est plein de courage et d'énergie ». Clément, en poste depuis 7 ans aux Pampilles avoue que les fleurs il aime pas trop. « Chez moi je n'en ai pas » et pourtant il est toujours volontaire pour entretenir la propriété. Ce mercredi avec un collègue ils s'attaquaient aux bambous. « Il faut les entretenir chaque année car ils envahissent très vite l'espace ». Benoît et Patrick arpentent les marchés aux plantes rares pour enrichir leurs massifs. D'une année sur l'autre ils conservent les plantes qui ont de la valeur comme les Bougainvilliers les Hibiscus les Bananiers quelques géraniums anciens. « En automne cela demande beaucoup de travail pour tout ranger » lâche Benoît.

L'été le jardin, l'hiver la brocante

Comme si les fleurs ne leurs suffisaient pas, les propriétaires ont une autre passion. Ils sont amateurs d'art populaire et d'objets anciens. Ceux qui ont nourri leur enfance rurale. Dans une ancienne grange attenante à leur habitation, ils ont aménagé un coin douillet où il fait bon s'asseoir le temps d'une collation. Les visiteurs pourront même découvrir en vidéo leur élevage et la fabrication du fromage. Les deux associés aiment accueillir le public, partager, échanger mais ils sont parfois surpris car les curieux qui font le déplacement prennent du bon temps au milieu de leurs paradis fleuri sans toutefois passer par la boutique pour acheter quelques fromages. « Nous ne sommes pas un parc au milieu du village de Saint-André-le-Bouchoux, mais un magasin de vente directe, on peut profiter du site sans oublier de consommer ! » soupire Benoît. Par le passé des cars de retraités débarquaient sur le parking pour visiter et avaient plaisir à repartir avec des produits mais ce temps est révolu. Les modes changent mais Benoît et Patrick continueront à fleurir leur exploitation car ils ne s'imaginent pas vivre sans fleurs.

Yolande Carron

Un travail d’équipe

Le mur de la chevrerie est couvert de géraniums.
Benoît, l’internet ce n’est pas son truc. Il préfère de loin l’élevage et les travaux extérieurs. Sa page Facebook, c’est souvent son équipe qui s’en occupe. Dernièrement l’un des salariés l’a informé d’un post pas sympa. Alors qu’il avait mis une photo des massifs quelqu’un a écrit « les fleurs ce n’est pas vous qui les plantez ». « C’est vraiment n’importe quoi » déplore Benoît. « Sur l’exploitation il n’y a pas de jardinier, juste deux associés et une équipe soudée qui font le travail ».
Mots clés : FERME FLEURIE