Publié le 27/06/2020 à 05:00 / Yolande CARRON

POLITIQUE /

Les élus de la FDSEA et des Jeunes Agriculteurs ont rencontré lundi les députés pour faire le point sur la situation agricole du département.

Rencontre lundi matin à la chambre d’agriculture avec les députés de l’Ain.

La fin du confinement sonne la reprise des petits déjeuners instaurés régulièrement entre les parlementaires et les membres des syndicats agricoles, FDSEA et JA. Une initiative qui permet aux agriculteurs de faire remonter leurs revendications au plus haut niveau par la voie des élus.
Pour Michel Joux, président de la chambre d'agriculture « il faut voir au niveau national comment nous pouvons faire avancer la crise. La grande distribution a joué plus ou moins le jeu pendant la crise sanitaire mais nous ne voyons pas les fruits retomber sur l'agriculture. Les prix à la production payés sur les coûts mondiaux cela ne passe plus. 8 à 12% des produits vendus en GMS sont contractualisés ». C'est un constat d'échec qui s'affichait autour des Etats généraux de l'alimentation. Xavier Breton, a observé que (LR) « la Loi EGAlim n'était pas à la hauteur des espérances et qu'il fallait la rééquilibrer ». Il a assuré les agriculteurs de son soutien. Olga Givernet (LREM), pour sa part a regretté que « la loi n'est pas été généralisée et qu'il fallait profiter des derniers km pour en faire une expérimentation plus poussée ».

« On a fait au mieux »

Damien Abad (LR), qui était en visio-conférence, a rappelé les efforts faits par le département pour accompagner au mieux les filières impactées par le confinement. Notamment la filière viticole et volaille de Bresse, tout en reconnaissant que les Etat généraux n'avaient pas eu le résultat escompté. Adrien Bourlez, président de la FDSEA, s'est interrogé sur notre modèle économique. « Il faudrait retrouver de la richesse agricole. Travailler plus avec les filières du département. Viande des pays de l'Ain en est un exemple puisqu'elle garantit 20% de valeur ajoutée aux producteurs, que les GMS s'engagent à vendre nos produits. Nous avons besoin de votre soutien pour cela. Sortir cette alimentation du marché libéral en créant une économie circulaire autour des ressources. C'est un enjeu de société ». Le problème du manger local était à l'ordre du jour avec la plateforme Agrilocal qui permet d'alimenter les collèges en produits locaux. Une belle initiative mais loin d'être généralisée dans la restauration hors domicile. Là aussi les agriculteurs attendent un soutien fort.

Yolande Carron

D’un dossier à l’autre...

ZNT
L’arrêté pris par le préfet est valable jusqu’au 30 juin. Un débat constructif a eu lieu avec les associations et les représentants des syndicats. Les agriculteurs voudraient que les distances de non traitement soient réduites. Michel Joux demande au Préfet qu’il fixe rapidement un cadre juridique.
Nuisibles
La prolifération des corbeaux freux. Xavier Breton a abordé le sujet suite à une visite de terrain qu’il a faite à Attignat et Viriat, des communes lourdement touchées. Tous se sont accordés pour dire qu’il était nécessaire de trouver des nouveaux outils pour gérer les nuisibles. Michel Joux s’est interrogé sur « changer les choses sans stigmatiser les agriculteurs. Trouver un véritable compromis. Peut être revenir sur l’arrêté ? Le DDT possède une bonne pile de dossiers qui permettrait de le faire ».
PAC
Budget de la PAC : « il y a un gros souci à se faire sur la pérennité de l’Europe » a souligné Adrien Bourlez.
Projet loi foncière Il est reporté à la fin du quinquennat.
Energies renouvelables en agriculture
Un sujet qui patine. Les agriculteurs ne sont pas hostiles mais les sommes à investir s’avèrent trop onéreuses. « Les devis ont de quoi  nous dissuader » a lâché Michel Joux.
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