Publié le 15/01/2020 à 10:00 / Yolande CARRON

BUGEY /

Rod Phillips, professeur d’histoire à Carleton University à Ottawa dans l’Ontario, est aussi journaliste indépendant et auteur de plusieurs ouvrages sur les vins.

Rod Phillips a trouvé aux Archives départementales de précieux écrits pour son futur ouvrage sur l’histoire du vin pendant la Révolution française.

En pleine préparation de son prochain livre qui traitera de l'histoire du vin pendant la Révolution française, sa période de prédilection, il a passé une semaine dans le Bugey courant décembre afin d'en étudier les cépages et déguster ses vins. C'est avec plaisir qu'il a accepté de répondre à nos questions, avec une charmante pointe d'accent anglais dans la voix, avant de reprendre l'avion pour Ottawa.

Comment est né votre amour pour la France ?

Je suis né en Nouvelle-Zélande. Lorsque j'étais au lycée j'ai passé six semaines en Nouvelle-Calédonie lors d'un échange. Je suis devenu francophile à ce moment-là. J'aime beaucoup la culture française, les gens, les régions, les vins... Je viens en France environ six fois par an. Je suis aussi professeur d'histoire, spécialiste de la révolution française.

Pourquoi vous être intéressé aux vins du Bugey en particulier ?

En juillet dernier, lors d'un colloque en Australie, j'ai rencontré Carine Renoud qui travaille aux Archives départementales de l'Ain. Elle m'a parlé des archives mais aussi des vins du Bugey. En août, lorsque je suis venu en France, j'ai pris trois jours pour venir à Bourg-en-Bresse, où j'ai pu goûter les vins du Bugey à La Buvette, un établissement de type bar à vins, puis je suis allé à Cerdon où j'ai goûté le vin de Cerdon. En novembre, Carine et moi avons fait des dégustations plus au sud, vers Belley. J'ai alors proposé un article à la revue The World of Fine Wine, qui je pense est la meilleure des revues anglaises sur le vin. J'ai ensuite demandé au syndicat des vins du Bugey de me préparer un programme de visites.

Comment avez-vous vécu votre séjour dans le Bugey en décembre ?

Du 12 au 19 décembre, j'ai visité 35 cultivateurs et goûté près de 260 échantillons de vins du Bugey. Tout s'est fait en totale autonomie. J'avais loué une voiture à Lyon. J'ai logé à côté de Belley dans une chambre d'hôtes et aussi à Bourg-en-Bresse. J'ai déjeuné avec des vignerons, dans leur cuisine ou dans des restaurants. Tous étaient incroyablement sympa, gentils, généreux. Cela donne une bonne impression de la région.

Qu'avez-vous découvert lors de vos multiples rencontres et dégustations ?

Dans le Bugey on trouve différents styles de vins. C'était la première fois que je dégustais des vins d'Altesse et de Mondeuse. Très intéressant car je ne connaissais pas. Ce que j'aime beaucoup, c'est que tous les vins ont une fraîcheur, beaucoup d'acidité, mais aussi le fruit a une bonne saveur. C'est un style qui me plaît beaucoup. Chez nous en Ontario, les gens sont fatigués des vins lourds, qui ont beaucoup d'alcool, souvent 14° d'alcool, pas assez d'acidité. Il y a donc un marché pour les vins du Bugey au Canada.

Quand sortira votre article dans cette revue anglaise ?

La revue sort quatre numéros par an. Il devrait être publié à l'automne 2020. Je vais identifier une vingtaine de vins du Bugey et leur attribuer des notes, mais aussi parler de la région. C'est une vraie découverte pour moi. Le Cerdon m'a beaucoup intéressé, avec de nombreux styles et des couleurs différentes : des rosés très pales, d'autres plus rouge, des sucrés, d'autres assez secs... Aux Archives départementales j'ai trouvé des inventaires des caves pendant la révolution française. Dans les archives de l'hôpital de Bourg-en-Bresse j'ai notamment trouvé que l'on servait du vin aux patients... Tout cela me servira pour mon prochain livre.

Patricia Flochon
Mots clés : VINS DU BUGEY