Publié le 24/10/2019 à 06:00 / Yolande CARRON

DECHETS MENAGERS

Ovade, usine de valorisation bioénergétique des déchets ménagers, produit chaque année près de 16 000 tonnes de compost. Un produit de haute qualité, qui fait l’objet d’essais et de suivis rigoureux en partenariat avec la chambre d’agriculture de l’Ain. Explications. Compovade :

58 000 t d’ordures ménagères résiduelles (traitées par méthanisation) et 6 000 t de déchets verts sont valorisés par l’usine Ovade (Viriat) en biogaz et compost pour l’agriculture.

Inaugurée en juin 2016, l'usine Ovade traite et valorise les ordures ménagères résiduelles de quelque 330 000 habitants du département (196 communes). Exploitée par Dalkia Wastenergy pour le compte d'Organom, elle réceptionne chaque année près de 58 000 t d'ordures ménagères résiduelles (triées puis traitées par méthanisation) et 6 000 t de déchets verts, valorisés en biogaz et compost pour l'agriculture. Un partenariat a été engagé avec la chambre d'agriculture afin d'identifier les effets bénéfiques du compost sur les terres agricoles. « Il était important de faire appel à un organisme indépendant pour valider la qualité du produit et rassurer les agriculteurs. Notre produit, on sait qu'il est bon, mais encore faut-il le prouver », souligne Philippe Soulié, responsable de la commercialisation du compost à l'usine Ovade.

 

Epandage réalisé par la Cuma du Châtelet.

Un compost de qualité supérieure

L'usine utilise un procédé unique au monde (voir encadré) qui assure une grande qualité de produit. Conforme à la norme NF U 44-051, le compost produit sur le site de Viriat est riche en matière organique. La chambre d'agriculture de l'Ain en est à sa troisième campagne d'essais, réalisés sur des cultures de maïs, blé et colza, sur une parcelle du Gaec de Chareyziat, à Saint-Etienne-du-Bois. Associée avec son oncle, Stéphanie Chaverot, sur une exploitation laitière, bovins viande et céréales (maïs, blé, colza, orge), nous livre son sentiment sur l'intérêt du compost : « Les essais sont réalisés sur une parcelle très sollicitée car proche de l'exploitation. Ce sont des limons blancs, un terrain très léger qui a besoin de matière organique. Vingt tonnes de compost sont épandues par hectare et par an par la Cuma du Châtelet en août, avant la mise en culture. En ce moment, c'est du colza. Avec le compost, on constate une meilleure vigueur des plantes. On l'a surtout vu sur le blé. Ce que l'on espère à terme c'est une amélioration de la structure du sol et la fertilité. Il y a aussi un effet sur le rendement, c'est évident ».

Atouts agronomiques démontrés

« La campagne d'analyses du sol, prévue début 2020, confirmera l'évolution des paramètres agronomiques. L'objectif est double : la nutrition de la plante et la fertilisation (utiliser moins d'engrais) et voir sur du moyen terme comment la structure du sol évolue (dynamique biologique). Les deux premières années d'essais ont démontré que l'apport de compost d'Ovade, seul ou en complément d'un apport d'engrais minéral, permet d'augmenter significativement le rendement. Un investissement à long terme, mais rentable dès la première année », explique Jean-Marc Contet, responsable de l'équipe Agronomie Environnement de la chambre d'agriculture. Un compost aujourd'hui commercialisé sous la marque
« Compovade » par la coopérative CApDis. Trente-deux adhérents l'ont utilisé en 2019. Vendu au prix de 6 € HT la tonne départ usine, il est épandu chez l'agriculteur par la Cuma du Châtelet de Saint-Etienne-du-Bois ou par un entrepreneur de son choix. Le volume préconisé étant de vingt tonnes par hectare tous les deux ans (variable en fonction des besoins réels du sol).
« Ce partenariat collectivités et agriculteurs est une démarche vertueuse. On part du déchet et au final, à partir de la poubelle on va récupérer la fraction organique avec laquelle on va créer de l'énergie et de l'amendement organique pour produire de nouveau de la matière première pour les sols », souligne pour conclure Stéphane Bisensang, directeur de l'usine Ovade.

Patricia Flochon

Contacts :
Sylvain Beguet, chargé de mission Agronomie Environnement à la chambre d’agriculture de l’Ain : 04 74 45 56 58
Jérôme Facundo (coopérative CApDis) : 06  08 76 23 79

Un procédé unique au monde


La recette pour obtenir un bon compost : de la matière organique extraite du digesteur, à laquelle sont incorporés des végétaux broyés pour permettre l’aération en compostage. Le mélange est ensuite amené à maturation pendant huit semaines, puis stabilisé, affiné et analysé avant d’être vendu. Ce qui fait la spécificité de l’usine Ovade, c’est son unité de lavage du digestat qui permet d’en ôter les éléments indésirables. Ce procédé de séparation par voie humide et d’élimination optimale des inertes et du sable, est appliqué pour la première fois au monde de façon industrielle. Il garantit un compost de qualité supérieure.

 

Les points forts de « Compovade »


Meilleure résistance à la battance et à l’érosion des sols par l’augmentation de la stabilité des agrégats,
Plus de facilité à travailler les sols grâce à l’augmentation de leur limite de plasticité,
Une augmentation de la réserve utile des sols permettant de limiter les besoins en irrigation,
Amélioration de la structure du sol de manière durable,
Optimisation de la consommation d’engrais chimiques,
Le compost d’Ovade se distingue par son très faible taux d’inertes et d’impuretés, très en deçà des seuils exigés par la norme. Il fournit environ 200 kg d’humus par tonne. Les apports réguliers de compost augmentent à moyen terme la teneur en matière organique des sols, l’activité biologique et la biodiversité et améliorent les propriétés physiques des sols.
La qualité agronomique en chiffres (pour un apport de 15 t/ha) : azote total : 129u, phosphore : 77u, magnésium : 78u, potasse : 110u, chaux : 722u, MO : 3750 kg, C/N : 15, ph : 7,9, matières sèches : 53%.
Mots clés : DECHETS MENAGERS