Publié le 21/10/2019 à 06:00 / Yolande CARRON

AVICULTURE

Après Bordeaux l’an dernier, le SNA (syndicat national des accouveurs) organisait pour la deuxième année consécutive une assemblée générale décentralisée, cette fois-ci à Bourg-en-Bresse.

La région Auvergne Rhône-Alpes totalise cinq couvoirs, dont deux basés dans l’Ain. Ici, la vaccination au centre de sélection de Béchanne.

Quatrième région productrice de volailles de chair (900 000 m² de bâtiments dont 40 % en label et en bio) et troisième productrice d'œufs (5,2 M de poules pondeuses, 11 % de la production nationale), Auvergne Rhône-Alpes totalise cinq couvoirs, dont deux basés dans l'Ain : le Couvoir Dubois à Viriat et Les Couvoirs de Bresse réunis, filiale du Centre de sélection de Béchanne, le seul multiplicateur/accouveur de la volaille de Bresse.
Une assemblée générale dont l'ordre du jour, très technique, avait fait appel à des « pointures » en matière d'accouvage et de recherche. A commencer par le docteur Barbara Tzschentke, de l'université Humboldt de Berlin, venue présenter les derniers résultats de la recherche quant à l'influence de l'environnement sur le développement embryonnaire. Des études démontrent aujourd'hui que l'influence de la lumière, de l'environnement acoustique et de la température dans le couvoir ont des conséquences sur le développement futur de l'oiseau. Prendre en compte tous ces paramètres dès le stade embryonnaire permet une amélioration du bien-être, de la robustesse et du rendement des volailles. Des pistes intéressantes pour l'avenir.

 

Louis Perrault, président du syndicat national des accouveurs.

Retour sur l'épisode H3N1 en Belgique

Le Dr Filip Boel, du groupe Belgabroed, a quant à lui témoigné de l'expérience de la Belgique touchée en janvier dernier par le virus H3 N1 : « Le premier cas a été détecté dans un élevage de poules pondeuses élevées en plein air. Une notification a été envoyée à l'AFSCA, agence fédérale pour la sécurité de la chaîne alimentaire, mais sans mesures d'abattage sanitaire obligatoire. Face à un cadre légal inexistant la situation a été extrêmement difficile, avec beaucoup de doutes au début ; l'approche idéale étant l'abattage sanitaire le plus vite possible. Notre syndicat a engagé la discussion avec la gouvernance débouchant sur une promesse du ministre début mai d'indemnisation en cas d'abattage par le fonds solidaire, mais qui a été refusée par la commission européenne. Finalement, après trois mois, l'indemnisation de tous les troupeaux qui ont été abattus après la prise de l'arrêté royal d'abattage obligatoire a été obtenue. Nous n'avons pas de nouveaux cas. Le virus était officiellement faiblement pathogène. Espérons que notre expérience serve d'exemple pour les pays voisins ». Et le président du SNA de commenter : « Comme le H3 N1 n'est pas soumis à déclaration, il n'est pas pris en charge pour l'élimination par l'Europe. Cela devient à ce moment-là un engagement national et c'est compliqué d'obtenir des aides de l'Etat. Il y a eu un cas chez un accouveur français à la limite de la frontière qui a abattu son lot, mais à ses frais. D'où l'intérêt de constituer un fonds de compensation professionnel. C'est malheureusement la seule solution ».

Patricia Flochon
Mots clés : AVICULTURE