Publié le 20/09/2019 à 06:00 / Chef Rédacteur

CULTURES LEGUMIERES

En France il existe une poignée d’entreprises spécialisées dans la transformation de betteraves rouges. La plus au sud est dans l’Ain, à Miribel. Rencontre avec son dirigeant, Geoffroy Cormorèche.

La betterave voit la vie en rose

Chez les Cormorèche on est producteurs de betterave rouge depuis trois générations. Aux Echets, sur la commune de Miribel, Geoffroy et ses parents, Gérard et Christine, consacrent 50 ha de leur SAU totale de 350 ha à la betterave. Semée d'avril à fin mai, la betterave rouge est récoltée du début août au mois d'octobre. « Nous utilisons plusieurs variétés disponibles : de conservation, précoces, tardives, adaptées à la couleur et au taux de sucre attendus... Nous pratiquons une rotation des cultures tous les cinq
ans », explique Geoffroy Cormorèche. Pour approvisionner l'usine de transformation qui tourne toute l'année, la SARL travaille également avec d'autres producteurs : « De début août à mi-mai nous utilisons les betteraves issues de notre exploitation et d'autres producteurs locaux. On produit 50 % du volume transformé, soit environ 2 500 t. En cas de pépin climatique ou de problème sur une de nos parcelles nous faisons appel à des producteurs de la région orléanaise. De mi-mai à fin juin, deux producteurs du sud de l'Espagne nous fournissent, et de fin juin à début août, deux producteurs du sud de la France (Avignon et Toulouse) ».

 

5 000 tonnes transformées par an

Chaque année, près de 5 000 t de betteraves rouges sont ainsi transformées aux Echets. Une large gamme de produits (du sachet traditionnel de 500 gr sous vide épluchées en passant par la gamme de poche découpées en cube, à la betterave cuite fraîche vinaigrée en colis de 4 kg) destinée à la grande distribution (60 %), aux grossistes (30 %) et à l'industrie, notamment le célèbre « traiteur intraitable» Pierre Martinet. Un marché prospère pour l'heure... « La France alimente une part importante du marché de la betterave en Europe. Pour l'instant nous ne sommes pas soumis à une concurrence des pays étrangers», souligne avec satisfaction Geoffroy Cormorèche, aujourd'hui à la tête d'une équipe de dix-huit salariés. L'usine est équipée de machines utilisant des technologies de pointe.

Le développement durable pour éthique

A la SARL Cormorèche, on est très attaché à ce que «l'ensemble des cultures soit mené de façon responsable pour répondre aux normes écologiques et économiques». Une partie de la production transformée est issue de l'agriculture biologique (3,5 ha). Geoffroy Cormorèche est également le président de l'association Demain la Terre, qui regroupe quinze adhérents maraîchers pour une production d'environ 200 000 t de fruits et légumes. « Suite à l'évolution des modes de consommation et par volonté de l'entreprise, nous nous sommes engagés dans la démarche Demain la Terre il y a cinq ans. Une démarche nationale créée par des producteurs autour d'un référentiel de développement durable prenant en compte les aspects environnemental, sociétal et économique. On se bat aujourd'hui pour obtenir les moyens nécessaires pour que notre association soit reconnue par la consommation, que cela devienne quelque chose d'officiel. Nous sommes notamment en pourparlers avec la présidence de la république et le ministère de l'agriculture », conclut Geoffroy Cormorèche, confiant dans la pérennité de la démarche.

Patricia Flochon
Mots clés : CULTURES LEGUMIERES