Publié le 16/06/2018 à 00:00 / Chef Rédacteur

CONJONCTURE



Carburant / Recherche publique / Cerises

Carburant : le prix du gazole non routier a augmenté de 30 % en un an

Le prix du gazole non routier (GNR) dépend en partie du cours du pétrole, comme le fioul. Or, le pétrole est actuellement à son niveau le plus haut depuis 2014, évoluant à près de 80 dollars le baril. La Fédération nationale des entrepreneurs des territoires (FNEDT) s’interroge sur le risque d’un nouveau choc pétrolier sur le monde agricole. En un an, le prix du gasoil non routier a augmenté de 30 %, selon le communiqué de l’organisation, atteignant 1 € TTC/litre.

La fédération s’inquiète aussi de la hausse du cours du pétrole, passé de 55 dollars à 80 dollars le baril. « Le poste carburant qui représente 14 % des charges de l’entreprise de travaux agricoles française flambe au moment où la saison des travaux agricoles bat son plein », s’alarme Gérard Napias, le président de la FNEDT. « Nous craignons une déprise agricole sur les terres à faible potentiel et donc un arrêt de l’activité agricole », poursuit-il.

La FNEDT condamne l’annonce du ministre de l’Action et des Comptes publics du 23 mai, sur la remise en cause du taux réduit de la taxe intérieur de consommation sur les produits énergétiques et sur le gasoil non routier agricole. Et ce, alors que le monde agricole ne bénéficie pas d’une compensation par le retour de la croissance économique dont bénéficient d’autres secteurs.

 

Financement : la recherche publique en agriculture décroît dans les pays à haut revenu

La recherche publique en agriculture a baissé de 6 % dans les pays à haut revenu entre 2009 et 2013, informe une étude récente du ministère américain de l’Agriculture (USDA). Une première depuis les années 60, selon les Américains, car ces budgets étaient jusqu’ici en croissance, ils progressaient même parfois plus vite que le PIB agricole. Pour diverses raisons, parmi lesquelles les contraintes budgétaires des États - l’étude mentionne l’effet de la crise financière de 2008-2009 -, ces pays ont donc réformé leurs politiques de soutien à la recherche agricole afin de réduire leur coût.

Ces coupes budgétaires ont pris plusieurs formes, comme le développement de partenariats avec le privé ou la fixation d’objectifs plus larges que la seule productivité agricole (préservation de la nature, qualité des produits...). L’étude rappelle que durant la période 1961-2014, la recherche publique a massivement contribué à l’amélioration de la productivité agricole dans ces pays.

 

Fruits : une production de cerises au niveau de 2017

Au 1er mai 2018, la production de cerises 2018 est estimée proche de celle de l’an dernier et du niveau moyen 2013-2017. En vallée du Rhône, la floraison s’est déroulée sous des conditions climatiques favorables. Pour l’instant, la drosophile est absente. La production s’annonce au-dessus de la moyenne 2013-2017 (+ 6%) et inférieure à celle de 2017, particulièrement importante. Selon Infofruit, en Europe, la vernalisation (cumul de froid en période de repos végétatif) a été correcte. La floraison, retardée d’une à deux semaines par rapport à la normale, a été abondante.

Le potentiel dans les principaux pays producteurs s’annonce, à ce stade, proche de la moyenne sur 3 ans. En 2017, le chiffre d’affaires de la cerise s’est replié de 9 % sur un an au niveau national tout en se situant au niveau de la moyenne 2012-2016 (+ 1 %). Cette évolution globale masque cependant des différences importantes entre régions. En Paca, première région productrice avec près de la moitié des volumes nationaux, le chiffre d’affaires a baissé de 24 % sur un an et de 8 % par rapport à la moyenne 2012-2016, en raison d’une production en net recul sur un an (- 12 %).